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Le Centenaire de l'Arrestation de l' Almamy sAmori ture

PREAMBULE:
Le texte ci-dessous est le fruit de l'effort benevole de Ibrahim Iba Ndiaye Coordinateur de la Commission Societe & Economie de l'Initiative mAliWatch. mAliWatch en assume toutes les responsabilites. Veuillez contacter la Coordination de l'Initiative pour toutes vos questions.

INTRODUCTION:

La date du 29 Septembre 1998 correspond au centenaire de l'arrestation par les troupes coloniales francaises d'un fils illustre, et controverse, du mAli: AlimAmi sAmori ture (1830*-1900).

En cette occasion, mAliWatch vous entretient de l'homme, du batisseur d'etat et du resistant qu'il fut:

"Si tu ne peux organiser, diriger et etendre le Pays de tes Peres,
Fais appel aux hommes plus valeureux;
Si tu ne peux dire la Verite en tout lieu et en tout temps,
Fais appel aux hommes plus courageux;
Si tu ne peux etre impartial,
Cede le trone aux hommes justes;
Si tu ne peux proteger le faible et braver l'ennemi,
Donne ton sabre de guerre aux Femmes,
Qui t'indiqueront le chemin de l'Honneur;
Si tu ne peux exprimer honorablement tes pensees,
Donne la Parole aux Griots!
fAmAA, le Peuple te fait confiance,
Parce-que tu incarnes ces vertus. . ."
(Extrait traduit de l'Hymne National de l'Etat sAmorien)

I. L'HOMME:

Peu d'interet a ete porte au milieu familial et a l'enfance de sAmori ture dans les ecrits d'officiers coloniaux francais et d'historiens qui se rapportent a lui. A l'exception des travaux de grande qualite d'Yves Person, il n'existe que des references plus ou moins superficielles et contradictoires, auxquelles il est important d'adjoindre les temoignages oraux et ecrits du manden en vue de cerner completement le personage.

Les ancetres de sAmori viennent du village de sIdIkIla, situe dans la zone aurifere du mandenkOrOO, le "vieux manden". Ils emigrerent dans la basse region de kOnyAn au milieu du 18eme siecle et finirent par s'installer dans le village de mAnyAnbAladugu. jUlAw specialises dans le commerce de longue distance et musulmans pratiquants a leur arrivee, ils en vinrent progressivement a perdre ces deux caracterisques au fur et a mesure qu'ils s'integrerent a la communaute locale. Le pere de sAmori, lAnfiyA ture, maria une femme de la grande famille residente des kAmArAw, du nom de masOrOna. Il etait fermier -- il cultivait la terre et elevait du betail-- et pratiquait le culte traditionnel au moment ou naissait son premier fils, sAmori, vers l'annee 1830.

Suivant les coutumes, sAmori grandit plus aupres de ses oncles maternels que de son pere. Il ne venait, le plus souvent, dans la concession paternelle qu'aux moments des ceremonies d'initiation; ou bien pour l'apprentissage du travail agricole. Il etait d'un esprit vif et independant. Aussitot qu'il put, sAmori chercha a se detacher du statut de fermier et entreprit la profession de jUlA. Il etait curieux de parcourir les contrees environnantes, de visiter les marches lointains, et se revelait un bon marchand. Son pere n'en etait pas tres heureux. Mais, devant le caractere obstine de sAmori, lAnfiyA ture fut oblige de le laisser faire. Il le recommenda ensuite a son ami kAsiyAntErEna mArA, chef de la province orientale de kurankO. Sous la coupe de ce dernier, sAmori
decouvrit tout le contenu identitaire du jUlAya. Comme il pratiquait le commerce de l'or au wasolon, ou bien du betail au futa 'jallO, il se reconnut entierement dans les reseaux de solidarite, d'hospitalite et de fraternite religieuse de ses compagnons (et ancetres) jUlAw. Grace a ces reseaux, il put voyager jusqu'a Freetown et put aussi visiter une partie de l'Empire takurari des talmoriw. Impressionne, il finit par se convertir a l'Islam. C'etait peu avant 1850; sAmori atteignait la vingtaine d'annees.

Le manden connaissait alors des remous militaro-politiques. Prenant l'exemple des theocraties fulbe de la moyenne vallee du jolibaa, les sisemoriw du futa 'jallO avaient entrepris, depuis 1835, la creation et la consolidation d'un etat islamique. C'etait sous le leadership de moriwulen sise. En 1853, le fils et successeur de moriwulen, du nom de sere 'burulayi, annexait la province du tOrOn apres une serie de raids et sieges. A la bataille de seedugu, il faisait prisonniers plusieurs residents et visiteurs, parmi lesquels la mere de sAmori. Des-qu'il apprit la nouvelle, sAmori se presenta a la cour royale de sere 'burulayi et se porta en gage pour sept ans, contre la liberation immediate de sa mere. L'offre fut acceptee; sere 'burulayi integra sAmori a son armee.

Rapidement, sAmori etablit une reputation de soldat courageux et de stratege talentueux. Il se heurta alors a l'animosite croissante du nouveau leader des sisemoriw, sere 'burama. En 1858-59, a la fin de son "contrat", il quitta l'armee des sisemoriw et s'eloigna de leur capitale, mAdiinA. Mais, il n'abandonnait pas pour autant le metier des armes. Ambitieux, il en avait mesure tout le potentiel pour les communautes jUlAw du manden. Il joignit les beretew de gUndo dans la reconquete des provinces de kOnyAn et de kurankO. Avec une petite suite, il essaya de s'etablir dans la vallee superieure du fleuve milo, mais faillit a cette entreprise. Poursuivi alors par les beretew, il se refugia dans les contreforts montagneux de sImAndugu et environs. Sa securite et sa survie assurees, sAmori ne tarda pas a faire montre de ses remarquables qualites de stratege. C'etait vers 1861.

Il se proclama defenseur des kAmArAw non-musulmans --ses oncles maternels-- contre l'imperialisme religieux des sisemoriw, afin de mobiliser un support local fort. En meme temps, il faisait savoir aux sisemoriw qu'il etait leur allie contre les beretew, afin de se garantir une legitimite politique. En 1864-65, sAmori et ses troupes de freres, d'amis d'enfance et d'aventuriers joignirent une coalition dirigee par les sisemoriw, a laquelle participaient aussi les soldats non-musulmans de nAntEnE 'fAmUdU, le chef de sabaadugu. La coalition attaqua victorieusement et detruisit la forteresse de siranbAdugu. A la fin de la bataille, sAmori reussit a
preserver ses troupes de la menace des sisemoriw. Il se replia plus au sud, dans la contree forestiere de tOma.

En 1867, il s'assura le controle de la cite marchande de sanankOrO, en fit un centre de recrutement et d'entrainement, puis commenca une politique d'expansion au nord. sanankOrO lui ouvrit les routes traditionnelles du commerce de la kola vers la haute-vallee du jolibaa et lui assura la possibilite de collecter des taxes. Entre 1867 et 1870, il reorganisait son armee en bolow, ou "contingents", tres mobiles de cent hommes chacun. Il avait massivement recrute des aventuriers et anciens prisonniers de guerre, puis, avait acquis leur loyaute personnelle a son egard par le truchement du kAlIkandi, le serment individuel de fidelite. Il renforcait la cohesion et la discipline, imposant un nouveau mode de vie en garnison en sorte que ses soofAw, ou soldats d'infanterie, ne rentraient plus a la maison apres chaque bataille. Enfin, il garantissait la liberte a tout prisonnier de guerre qui acceptait de rejoindre son armee.

Cette strategie paya en 1871, quand sAmori infligea une defaite a l'allie et pion des sisemoriw, nAntEnE 'fAmUdU. Il se dirigea alors sur la cite marchande de kankan, prit le controle de la province du tOrOn et de toute la vallee du fleuve milo. A cette date, il devenait le leader politique le plus en vue dans la region. Il adopta le titre de fAmAA, entreprit la construction de sa nouvelle capitale, qu'il termina et nomma bisAndugu en 1873. L'armee fut placee sous le commandement direct de son frere cadet, kEmEE 'burama. Elle comprenait dix fArIw, ou "corps d'armee", et une unite d'elite a laquelle appartenaient des femmes-soldats. L'ambition de sAmori etait desormais de proteger et de prolonger jusqu'a la Cote Atlantique les routes commerciales qu'utilisaient les reseaux des jUlAw. Il cherchait ainsi a renforcer la position economique, politique et militaire de son nouvel etat. Il favorisa et intensifia autant le commerce interieur que les echanges avec la Cote, notamment l'achat des fusils, munitions et poudre en provenance de la colonie britannique de la Sierra-Leone.

sAmori eut l'intelligence de s'allier les puissantes familles jUlAw de kankan. Celles-ci l'aiderent a prendre le controle de kunban en 1875, a penetrer dans les contrees de kUrUsA et de sigiri entre 1876 et 1878, et d'acceder a la province aurifere de bure, qui lui paya un important tribut en or. Les autres conquetes militaires de sAmori furent, entre autres, bAliya, a l'ouest --ce qui le rapprocha encore plus des axes majeurs de commerce au futa 'jallO et en Sierra-Leone-- et wuladaa, a la limite de l'empire takurari. En Avril 1881, sAmori reussit finalement a battre et a capturer son traditionnel challenger, sere 'burama. Il le transfera a bisAndugu et sapa definitivement sa legitimite en l'y faisant suivre par la population entiere de mAdiina, l'ex-capitale des sisemoriw que sAmori reduisit en ville-fantome alors. sAmori negocia aussi une alliance strategique avec les jUlAw de ojEnnE; alliance qui fut renforcee par des liens matrimoniaux entre lui et la famille musulmane ture de cette autre grande cite marchande du sudaan occidental.

Les premiers heurts militaires entre sAmori et les francais eurent lieu dans ce contexte d'expansion et de consolidation de l'etat jUlA, en 1881-83. Une episode significative fut la prise de kEnyEra, pres de kItA, apres un couteux siege et malgre l'intervention des troupes coloniales. La retraite des francais accrut le prestige de sAmori comme chef militaire dans la region. Il etendit son autorite jusqu'a kangabA, et sur une partie du bElEdugu. Le 2 Avril 1882, les troupes sAmoriennes se heurtaient encore aux francais dans les environs du petit village marchand de bAmAkOO, situe sur le jolibaa. Les francais durent recourir a l'artillerie afin de se degager du mauvais terrain de la riviere woyowayankOO ou les soofAw les avaient pousses. Mais, les escarmouches continuerent tout au long des annees 1882 et 1883.

Entre-temps, sAmori chercha a assurer ses arrieres. Il infligea la defaite au redoutable chef non-musulman du kOnyAn en rebellion, sAgAjigi. Les limites de l'etat jUlA commencaient ainsi a se dessiner clairement en 1884. A l'Est, les soofAw avaient atteint le fleuve baajE et les avant-postes du puissant royaume de gEnEdugu. A l'Ouest, ils avaient saccage fAlAbA, la capitale du solimAna, et avaient securise les routes accedant aux frontieres de la Sierra-Leone. Le royaume de sAmori comptait alors dix faabAw, ou provinces, et cent-soixante-et-deux kAfow, ou cantons. Cette meme annee 1884, sAmori prit le titre de AlimAmi, ou chef religieux.

Les interpretations des historiens a ce propos soulignent les passions des uns et des autres, autant que les multiples facettes de l'homme lui-meme. Pour certains, sAmori ne savait pas lire l'arabe, ou ne lisait cette langue que tres passablement; mais, il prit le titre de AlimAmi, quand meme, par soif de gloire et de pouvoir. Ceci montrerait son caractere irrationnel et arrogant. Pour d'autres, il se servait du titre en opportuniste consomme; qui faisait semblant de soutenir l'Islam seulement lorsqu'une telle politique lui permettait de detruire et de remplacer l'ordre politico-religieux d'une contree resistant a sa domination. sAmori aurait ainsi fait tuer des marabouts et saccager des cimetieres, aurait force la construction de nouvelles mosquees et aurait nomme des Imams a son seul service dans chaque village de son royaume. Les temoignages concordent, cependant, pour montrer que de tous les etats theocratiques crees dans les annees 1800, l'etat de sAmori est celui qui ne veillait pas a l'application stricte des lois et precepts islamiques.

Des arguments contradictoires peuvent etre presentes aussi. Certains officiers coloniaux francais, a priori peu susceptibles de sympathie envers sAmori, ont ecrit que l'AlimAmi cherchait a promouvoir une expansion de l'Islam en douceur. Cette politique, alors tout a fait adequate, viendrait en contre-poids des annees anterieures de guerres religieuses, conduites dans la region par les sisemoriw et leurs allies. A ce titre, sAmori aurait fait adopter a travers son etat un large principe de tolerance envers les cultes non-musulmans. Il ne chercherait pas aussi a imposer strictement les principes islamiques aux dignitaires de sa propre cour, a leurs suites et a leurs sous-administrateurs, de peur de se les aliener. Mais, il ferait l'effort continu de les encourager et de les convaincre par l'exemple.

sAmori interpretait le Koran. Il avait pour "guide spirituel" un jeune marabout forme par les twarEg du traarza, qui lui servait aussi de conseiller. Il veillait strictement a ce que tous les enfants de dignitaires aillent a l'ecole koranique. Il invitait ces enfants dans sa capitale, de temps en temps, et les interrogeait directement. Les parents de ceux qui ne faisaient pas montre d'un niveau de connaissance appreciable se voyaient infliges de lourdes amendes. sAmori n'oubliait pas ses propres fils. Il surveillait leur progres et les interrogeait chaque Lundi et chaque Jeudi. Il blamait la mere de l'enfant qui ne lui donnait pas satisfaction. En tant que chef religieux, il etait connu pour etre d'une assuidite constante.

Il semblerait que le compromis developpe par sAmori --laxisme religieux avec ses dignitaires, mais education islamique stricte de leurs enfants et des siens propres-- ait ete fonction d'une bonne dose de realisme politique egalement. sAmori avait entrepris le siege desastreux --economiquement et militairement--de la capitale fortifiee du gEnEdugu, sikAso-solokAn, et avait besoin de preserver le soutien total des chefs de provinces. Le moment, pour lui, n'etait donc pas favorable a des decisions extremes, furent-elles en rapport avec l'expansion de la Foi. A la fin 1888, l'armee de sAmori etait pratiquement en lambeaux, apres dix-huit mois de presence aux portes de sikAso-solokAn. Retranche derriere son formidable tAtA, le roi du gEnEdugu, cEbA taarawele, s'etait minutieusement prepare a cette eventualite. Il avait reinstalle ses sujets a l'interieur des murs protecteurs, avait accumule d'importantes reserves de vivres, avait brule les champs et avait bouche les puits dans un rayon de cinquante kilometres autour de sa capitale. Malgre son titre de AlimAmi, certains allies musulmans de sAmori ne lui avaient pas porte assistance; les liens avec les jUlAw du gEnEdugu ayant ete les plus forts. Par contre, d'autres allies non-musulmans avaient ete des plus loyaux. Enfin, sAmori se preparait progressivement a la confrontation, qu'il savait desormais inevitable, avec les francais.

II. LE BATISSEUR D'ETAT ET RESISTANT:

La figure de "resistant a la penetration coloniale francaise" de sAmori est mieux connue que celle anterieurement presentee. Ceci est du aux nombreuses references qui lui sont faites dans les comptes-rendus et ecrits d'officiers coloniaux francais; certains ayant eu a le combattre. sAmori a ete le plus determine et le plus efficace des leaders mAliens dans l'opposition a la "pacification" du sudaan occidental. C'est a cause de lui, essentiellement, que la France manqua de controler les secteurs les plus peuples de la region, malgre une action d'expansion plutot reussie.

sAmori a ete le dernier leader mAlien a concevoir de facon autonome et a entreprendre une action politique d'envergure, qui soit presqu'entierement independante de la politique francaise en Afrique de l'Ouest. A ce titre, il est souvent critique et condamne pour l'extreme violence de ses strategies de survie face aux poussees colonialistes; tout comme il est souvent chante en heros du nationalisme mAlien et africain. Il a resiste aux francais pendant dix-sept ans et a suscite l'adhesion ou le rejet de tres nombreuses communautes du sudaan occidental au cours de son entreprise politique et militaire. En tant que "jeune figure historique", sAmori fait partie d'une memoire collective bien vivante dans les etats post-coloniaux actuels que sont le Mali, la Guinee, la Sierra-Leone, la Cote d'Ivoire, le Burkina-Faso et meme le Gabon ou il mourrut en exil.

Il est generalement admis que l'action politico-militaire veritable de sAmori commenca en 1860, lorsqu'il fit la conquete de sanankOrO et y etablit son centre de recrutement et d'entrainement. Il venait tout juste de s'affranchir de la tutelle de sere 'burama, apres un long service (1853-59) aupres des sisemoriw. Les troupes sAmoriennes furent relativement promptes a etendre les limites du nouvel etat. En 1866, elles infligerent une defaite a fAmUdU, le chef du kunadugu. Elles firent ensuite des incursions reussies dans les provinces de tOrOn, konyE, bure, bIdIga, seekEE et wasolon. En 1873, elles atteignirent kankan, qu'elles
integrerent progressivement a l'etat jUlA entre 1881 et 1887.

En Fevrier 1882, elles rencontrerent les troupes francaises; qui repondaient ainsi a "l'affront" et a la defaite subis a kEnyEra, quelques mois plus tot. En conquerant cette place-forte, sAmori avait aussi pris en otage un lieutenant sunungaalais du nom de AlAkAmisa. Ce dernier etait l'emissaire de l'ambitieux commandant francais Borgnis-Desbordes, qui l'avait envoye pour "negociations" aupres de sAmori. Les soofAw attaquerent aussi nAfAjE; puis, le nouveau poste francais de nyAgAsola defendu par les troupes du capitaine Louvel. Le poste avait ete construit en vue de proteger le commerce francais sur le jolibaa. En 1884, les troupes de sAmori battirent l'armee de amadu tal de seegun, fils de lAjI UmarU tal.

Jusqu'en 1881-82, sAmori avait porte peu d'attention aux francais, qui avaient deliberement entrepris la conquete des vallees des fleuves sunungaal et jolibaa a partir de 1878. Dans les premieres annees de leur politique d'expansion, ceux-ci avaient battu lAjI UmarU tal du futa 'tooro (1847-1864) et cErno 'burama du danga (1867-1869); puis, ils avaient occupe baafiilAbEn en 1879. A cette date, ils construisaient un fort a kItA, vieux centre de commerce du manden. L'ambition declaree etait d'acceder au fleuve jolibaa, l'importante voie fluviale a travers le sudaan occidental et qui atteignait tOnbOktu au nord. Il faut dire que, jusque-la, les strategies de conquete de la vallee du sunungaal par les francais n'entraient pas en conflit avec celles de conquete de la haute vallee du jolibaa par sAmori. En 1883, au moment des escarmouches aux portes du village de bAmAkOO, il etait evident que ce n'etait plus le cas.

Les episodes de la confrontation militaire et diplomatique entre sAmori et les francais contribuerent a figer des elements importants de la methode de "commandement administratif" qui apparurent plus tard en Afrique Occidentale Francaise. sAmori sous-estima d'abord les ambitions et l'influence des francais, qu'il considera comme une race pas tres nombreuse de gens instruits, vivant sur de petites iles au milieu de l'ocean et dont la seule preoccupation etait le commerce. Selon cette vision, ils ne representaient donc pas un danger plus important que les concurrents et leaders des etats voisins immediats. L'analyse de sAmori etait incorrecte. Mais, sa portee aurait pu etre --ironie de l'Histoire!-- au diapason des preoccupations des populations francaises memes.

En effet, l'entreprise coloniale de la Troisieme Republique francaise, sous les gouvernements de Jules Ferry specialement, etait impopulaire. Defenseur d'une ideologie d'expansion selon laquelle, "la politique coloniale est fille de la politique industrielle" francaise, Ferry fut d'ailleurs contraint a la demission en Mars 1885. sAmori aurait donc juge droit, n'eut ete la volonte acharnee des officiers coloniaux de se distinguer coute que coute en Afrique pour raisons de carrierisme, de gloire et de fortune personnelles. S'inspirant de leur aine, Louis Faidherbe, ces officers firent alliance avec les cerles de marchands et financiers (Marseille, Nantes) interesses a la protection des comptoirs commerciaux, et beneficierent du soutien des quelques influents doctrinaires a l'Assemblee Nationale de "la mission de civilisation et de christianisation" de la metropole en Afrique. Leur ideal fut aussi de confirmer la France comme une puissance europeenne; notamment au devant de "l'Allemagne ennemie" qui s'investissait activement en Afrique et qui avait meme convoque la conference de Berlin en 1884-85 pour garantir ses percees.

Proclamee le 4 Septembre 1870, la Troisieme Republique gerait, depuis, les traumatismes nationaux qu'avaient ete pour les divers camps politiques francais la defaite et la capture a Sedan de l'empereur Napoleon Bonaparte, la perte de l'Alsace-Lorraine au profit de l'Allemagne, le massacre de pres de vingt-mille citoyens de la Commune de Paris par le gouvernement en 1871 et les incessants changements de gouvernements. Dans ce climat de bouillonnnement politique, le controle parlementaire sur les questions internationales et coloniales etait faible, autorisant les interets particuliers et les groupes de pression --tel le Parti Colonial-- a imposer leurs propres strategies a l'appareil d'etat. Entre 1870 et 1914, la Troisieme Republique connut soixante gouvernements, qui donnerent les directives les plus contradictoires en matiere de politique coloniale.

Les expeditions militaires en Tunisie en 1881, en Indochine et a Madagascar en 1884-87 se revelerent inopportunes, par exemple, pour les dignitaires et les milieux economiques interesses a la politique colonialiste de la France. Les finances publiques patirent d'un desequilibre; l'etat dut augmenter les impots et taxes. L'opinion publique, elle, n'acceptait pas la mort de soldats conscrits dans des contrees d'outre-mer, y compris en Afrique presqu'inconnue. Elle considerait, dans sa frange informee minoritaire, que le gouvernement etait irresponsable en ne preparant pas la revanche sur l'Allemagne par dela la ligne des Vosges, ou bien, dans sa frange majoritaire, elle n'avait cure de difficultes bien lointaines, hors de l'Europe.

Cependant, les officiers francais en poste dans la region du sudaan occidental voulaient se prouver de consideration. Ils venaient de milieux tres pauvres, pour la plupart, et servaient dans l'armee au titre de paiements faits a leur famille pour remplacer les enfants d'aristocrates et de bourgeois commis auparavant selon la methode selective du tirage par lots. Cette pratique etait la norme; le service militaire universel ne devenant plus ou moins effectif en France qu'en 1872. Les officiers en Afrique desiraient donc gagner autant de gloire que possible, et ils n'avaient aucune intention de suivre les ordres envoyes de Paris. En cela, un cercle tres motive de leaders et financiers metropolitains etait pret a leur garantir suffisamment de soutien afin de redorer quelque peu le blason de l'armee et/ou d'etablir le plus grand reseau possible de comptoirs de commerce et de missions catholiques en Afrique.

La collusion d'interets marqua sa vigueur politique a travers les invitations du Chah de Perse, du Bey de Tunis et du "roitelet negre" diina 'sAlifu a participer a l'exposition universelle de 1889. Elle joua aussi un role determinant dans la signature du traite franco-congolais du 14 Aout 1894, de la loi d'annexion de Madagascar du 8 Aout 1896, de l'accord franco-allemand sur le Togo du 23 Juillet 1897, et surtout dans l'organisation de la mission Marchand sur les vallees du Congo et du Nil qui faillit conduire a une guerre franco-britannique a Fachoda en Juillet-Novembre 1898. Depassant l'instabilite des gouvernements, elle aida grandement a creer les profils de "puissance europenne" et de "deuxieme puissance coloniale mondiale" de la France au moment ou eclatait
la Premiere Grande Guerre de 1914-18.

Le 29 Mars 1886, le fils de sAmori, jawlen 'karamOkO, signait avec les francais le traite d'amitie de kEnyErakura -- il sera invite a visiter la France, plus tard. Le traite etablissait les frontieres de l'etat jUlA au fleuve mineur tenkiso. Il suggerait que l'etat de sAmori beneficierait de l'ouverture et de la securisation par les francais des voies de commerce de chevaux et d'armements, venant respectivement de la region nord et de la Cote Atlantique. Cependant, l'inconsistence des decisions prises a Paris, ainsi-que le desir des officiers coloniaux de mener des conquetes territoriales, viderent le traite de sa substance. sAmori eut immediatement un premier et profond doute quant a la sincerite des francais. Ecrite ou non, il tenait toute parole donnee et escomptait la meme attitude des chefs militaires coloniaux. Pour ceux-ci, evidemment, sAmori ne meritait ni confiance, ni statut de leader politique; il etait un ennemi sanguinaire et vicieux a abattre des la premiere bonne occasion. En 1886, la signature d'un traite d'amitie et de commerce eut lieu, pourtant.

sAmori preparait alors la campagne du gEnEdugu et le siege de sikAso-solokAn; il avait besoin de temps, de provisions, d'armements, et comptait sinon sur l'appui des francais, du moins sur leur neutralite vis-a-vis de cEbA taarawele. sAmori fut brutalement surpris lorsque les francais denoncerent unilateralement le traite. Il recut un ultimatum de Paris ne demandant rien de moins que son royaume soit integre a un protectorat francais en Afrique de l'Ouest, qui demontrerait aux autres nations europeennes l'importance de l'hegemonie francaise. Firent suite plusieurs campagnes militaires plus ou moins heureuses, et pour sAmori et pour les francais. Les negociations reprirent finalement entre le 14 Fevrier et le 26 Mars 1887, lorsque la mission du capitaine Peroz atteignit bisAndUgU, la capitale de sAmori.

Un nouveau traite fut negocie et signe les 23-27 Mars 1887. Mais, il ne resta pas longtemps en vigueur pour les raisons que sa version en francais placait le royaume de sAmori sous protectorat de la France sans l'accord de ce dernier; puis, le belliqueux colonel Gallieni usait de cette excuse pour enfin penetrer dans la province de sigiri. Les affrontements reprirent et ce fut seulement en Fevrier 1889 que le traite de nyAko permit de retablir la paix, temporairement.

Entre-temps, sAmori avait developpe un manque de confiance total envers les francais. Ces derniers avaient fait leur la recommendation de l'explorateur Binger, qui avait visite la region du sudaan occidental auparavant et qui avait suggere l'avantage pour les europeens de supprimer tout leadership ouest-africain. Selon Binger, lorsqu'un chef africain est appele damEl, braak, nbuur, mansa, AlimAmi ou nAbA; une fois qu'il a autorite sur une population de plus de vingt-cinq mille personnes, il doit etre elimine; sinon, il detruit au lieu d'organiser et de revivifier son etat.

Par la suite, l'action diplomatique de sAmori fut deliberement dirigee sur les comptoirs et sur la colonie britanniques de Sierra Leone. Il y expedia des emissaires, insista sur son desir de faire commerce, exigea que les chefs de faabAw et de kAfow traitent les marchands et intermediaires britanniques avec encore plus de bienveillance, et laissa meme entendre qu'il pourrait signer un traite de protectorat avec la Grande Bretagne. De tels rapports etaient forts opportuns pour le gouvernement britannique; qui economisait ainsi sur les frais d'entretien et de defense de la Sierra-Leone, alors-qu'il accroissait le volume de son commerce local. Du cote de sAmori, ces memes rapports etaient precieux, notamment en ce qui releve des achats de fusils, munitions et poudre.

On pourrait noter que les circonstances n'etaient pas globalement favorables a sAmori. Plusieurs chefferies villageoises et provinciales du nord de la Sierra-Leone etaient plutot intimidees par l'ascension d'un puissant etat jUlA a leurs frontieres. Elles craignaient soit son intervention en faveur des couches jUlAw de la colonie, soit sa tentative d'annexion pure de la region. En effet, en 1884, les troupes sAmoriennes n'avaient-elles pas porter assistance au chef de kAliyere, en lutte avec son rival, seewa de fAlAbA? Les soofAw organiserent alors un blocus tres efficace, condamnerent seewa a la famine et le pousserent finalement a se faire sauter avec sa poudriere. Ils avaient fait aussi des incursions multiples dans les provinces de kisi, kOnO, kurankO, lenbA et meme dans la capitale provinciale de Scarcies et de Sherbro County, Port-Loko. On les savait redoutables et capables de prouesses militaires. Il y avait enfin que les signatures toujours renouvelees de traites avec la France semaient le doute aupres des autorites coloniales britanniques en Sierra-Leone. Ces dernieres n'etaient pas convaincues de l'independance ou de la sincerite de sAmori.

Par exemple, les traites d'amitie et de commerce avec la France de 1886 et 1887 influencerent negativement la politique britannique d'ouverture commerciale en faveur de l'etat jUlA. Ils causerent un malentendu entre l'Amiraute et la Division Intelligence du Ministere britannique de la Guerre. L'Amiraute, qui gerait la ville de Freetown, fit prevaloir l'idee que cette station navale strategique d'Afrique Occidentale etait a la merci de soofAw feroces, et allies aux francais. La Division Intelligence, beaucoup plus au fait des intentions et mouvements de sAmori, reussit tres difficilement a suggerer que le leader mandenka n'avait pas interet a detruire sa principale source d'approvisionnement en fusils; la garantie de son independance vis-a-vis de la France. Au lieu d'une action immediate des autorites coloniales de Sierra-Leone en faveur de sAmori, il fut decide d'envoyer pour enquete un emissaire du nom de Festing. Les soofAw, faisant commerce avec les armuriers de Freetown, avaient passe l'information que sAmori n'etait point un pion des francais.

Festing rencontra sAmori a hEErEmakOnO en 1888. Il trompa grandement ce dernier. Il s'engagea, alors qu'il n'en avait jamais recu le mandat, a arranger la signature d'un traite d'amitie et de commerce entre sAmori et les autorites de Freetown. Il demanda en compensation la provision, pour lui-meme, d'une concession de construction et d'exploitation de chemin de fer a travers le royaume sAmorien. Festing mourrut sur le chemin du retour, en Aout 1888. Pas au courant du statut d'emissaire simple --pour enquete-- de Festing et pas informe de la nouvelle de sa mort, sAmori passa un temps tres precieux a attendre un soutien politique britannique dont il avait besoin, ainsi-que d'hypothetiques lots d'armes a feu, qui ne lui furent jamais delivres.

En Fevrier 1889, au moment de la signature du traite de nyAko avec les francais, le bruit courut egalement dans les provinces nord de la Sierra-Leone que sAmori venait de mourir. Certaines chefferies tenterent de s'affranchir de la tutelle mandenka alors, mais, les soofAw reduisirent brutalement toutes les velleites; notamment dans les provinces de sangala et kurankO, ou ils tuerent ou envoyerent en esclavage un grand nombre de personnes. En ce temps, sAmori ne se faisait plus d'illusion sur une possibilite quelconque de paix avec les francais. Il refusa de clore ses routes commerciales en direction de la Sierra-Leone, denonca tous les traites signes avec la France et envoya, en Avril 1890, un message a Freetown requerant la protection britannique. A l'interieur de son etat, il forca le rythme de mobilisation des soofAw, exigea de plus en plus de contributions des faabAw et des kAfow, reduisit en esclavage ceux qui s'opposaient aux exactions de l'armee. Beaucoup s'epuisaient et mourraient a la culture intensive de cereales, a l'extraction de minerais de fer pour les forges etatiques ou a la fabrication en serie de copies de fusils importes.

Malheureusement pour sAmori, les autorites coloniales britanniques ne pouvaient creer un precedent en supportant la decision unilaterale d'un leader africain. Il etait fort possible que les francais suscitent des rebellions dans les autres colonies britanniques d'Afrique Occidentale, en retour. De cela, Londres etait consciente et ne voulait pas. Ce a quoi s'engagea la colonie de la Sierra-Leone fut seulement de retarder l'application de l'accord general de Juillet 1890, qui portait sur les ventes restrictives d'armes et d'alcools en Afrique. Cet accord avait ete vote en complement des decisions de la conference de Bruxelles de 1889, qui etait relative au commerce en Afrique et a celui, illegal mais encore existant, des esclaves. Jusqu'en 1892, les soofAw de sAmori etaient autorises a acheter des armes et munitions aupres des armuriers de Freetown. En termes de politique locale, sAmori trouva des supporters en deux marchands europeens influents, Hemming et Alfred Lewis Jones, qui s'etaient ouvertement declares en faveur d'un pouvoir africain fort et autonome dans la region.

Les troupes coloniales francaises occuperent hEErEmakOnO en Fevrier 1893. De 1894 a 1898, sAmori concentra ses efforts sur la relocation de son royaume plus au sud, en region forestiere. Il fit construire une nouvelle capitale et lui donna le nom de dAbAkala. Ses tentatives d'alliance avec les rois de sikAso-solokAn et de kOn a l'Est furent sans succes. Il continua, cependant, a acheter des chevaux pour son armee dans ces deux grandes villes marchandes. L'ascension de sAmori avait cause, il etait vrai, un probleme de statut et de survie pour les cours royales de sikAso-solokAn et de kOn. cEbA taarawele, roi du gEnEdugu, ne voyait pas d'un mauvais oeil l'offensive francaise qui conduirait a l'affaiblissement et/ou la defaite de sAmori, eventuellement.
Le siege rate de sikAso-solokAn entre Mai 1887 et Aout 1888 avait ete, malgre tout, revelateur du danger que l'etat sAmorien representait. Quant aux leaders jUlAw de kOn, ils appartenaient, eux, a la confrerie musulmane kadiriya, qui meprisait par tradition les membres de la confrerie tijaaniya a laquelle appartenait AlimAmi sAmori. Selon eux, les tijaaniw seraient moins bien verses dans la lecture du Koran et dans l'interpretation de la Foi; ils ne meriteraient donc point d'une position de leadership. Enfin, toute sape de la fondation economique de l'etat de sAmori equivalait, pour ses deux concurrents, a moins de competition pour le controle des routes commerciales et des reseaux jUlAw de la region.

Ainsi, s'il ne pouvait plus prendre le risque d'une attaque frontale contre le gEnEdugu, sAmori ne se priva pas de mettre kOn a sac pour renflouer ses provisions et pour renforcer sa cavalerie avec les chevaux enleves. C'etait le 18 Mai 1897. sAmori avait a gerer la crise politique interne la plus serieuse de sa carriere d'homme d'etat. Ses soofAw ne beneficiaient plus de l'encadrement superieur qui les caracterisait; la cavalerie manquait de betes et les desertions etaient nombreuses. Il resta impuissant lorsque les francais traverserent le fleuve jolibaa et se dirigerent rapidement sur sikAso-solokAn, ou ils reussirent a faire signer par cEbA un nouveau traite de protectorat. sAmori perdait ainsi l'acces a un marche important d'approvisionnement. Entre 1890 et 1897, les francais envoyerent sept missions aupres de cEbA, afin de garantir sa loyaute et d'intimider sAmori, accessoirement.

Le 15 Avril 1898, la situation au gEnEdugu etait pourtant toute a l'opposee des desirata des officiers coloniaux francais. bAbEnbA taarawele, frere de cEbA et nouveau roi, venait de denoncer le protectorat de la France et de declarer l'independance de son royaume. Il se trouva alors assiege par une force coloniale de mille-trois-cents soldats de cavalerie, d'infanterie et d'artillerie. Pendant deux semaines, du 17 Avril au 1er Mai 1898, l'artillerie bombarda la cite-forteresse de sikAso-solokAn. Quand celle-ci ceda aux attaques des troupes francaises, finalement, bA bEnbA se fit sauter avec sa poudriere, en clamant le credo mAlien "sAyA ka fusa ni mAAlo ye" ("Plutot la mort que la honte") dont il s'etait approprie. Du cote des troupes coloniales, soixante-et-trois soldats furent tues par les defenseurs de sikAso-solokAn, alors-que plus de deux-cents autres soldats souffrirent de blessures diverses.

En 1896 deja, sAmori avait fini de transferer son empire plus au sud. Mais, si la region etait couverte de forets epaisses, la securite y etait bien moindre du fait des nombreuses incursions francaises, lancees autant de la vallee du jolibaa que de la Cote d'Ivoire toute proche. Les possibilites de survie autonome etaient reduites; les techniques culturales traditionnelles des mandenkaw n'etant pas tout a fait adaptees au climat. L'approvisionnement de l'armee etait encore plus difficile. Les hommes, autant que les ressources publiques, atteignaient leurs limites. Toutes les sections de la population du royaume avaient ete mises a contribution
pendant le transfert au sud. L'armee avait assume la plus grande responsabilite. Elle avait ete divisee en trois grandes branches. La premiere branche, qui etait la mieux equipee, contenait les troupes francaises, les harcelait et les freinait dans leur avancee. La deuxieme branche avait penetre en region forestiere, pour reconnaitre le terrain et pour preparer l'arrivee des populations de l'etat jUlA alors en mouvement. La troisieme branche escortait et protegeait les sujets de sAmori dans leur exode. Les efforts de conception, d'organisation et d'execution de cette operation d'envergure finirent de consommer les dernieres ressources de l'etat jUlA.

Apres que les francais eurent capture la cite de bo 'jUlAso, puis de kOn en Janvier 1898, il ne leur prit pas un long temps avant d'atteindre les frontieres du nouvel etat. Le 29 Septembre de cette meme annee, une mission de reconnaissance francaise surprenait et arretait sAmori a gelemu. Les soofAw l'avaient confondue avec une colonne marchande a cause de la brume epaisse. Le roi jUlA fut envoye en exil d'abord a kAyi, situee sur le fleuve sunungaal, en compagnie de son griot, morifinjaan jEbAgAtE et de quelques membres de sa famille. Puis, il fut envoye a njole, sur une ile de l'ogwe au gAbOn, le 22 Decembre 1898. C'est la-bas qu'il mourrut d'une broncho-pneumonie, le 2 Juin 1900. Apres son enterrement, morifinjaan, en compagnon et griot loyal, creusa sa propre tombe a cote de celle de l'AlimAmi sAmori ture, requerant que son corps y soit porte au soir de sa
vie. Il en fut ainsi. C'est plus d'une moitie de siecle plus tard, qu'a la demande du premier president de la Guinee-Conakry independante, sekU ture, les cendres de sAmori et de morifinjaan furent rapatriees en terre
natale.

mAlikOnOO,
'mi mana kEE, o de bE fO,
'mi mana fO, o de bE kEE!
nka, den' bEE tE jAmAAlakuma dOn;
kuma ka gElEn, wa a 'laseebAgA jAlAkI ma ngon!
hAkEEto bE nI kAn,

(Au mAli,
Ce qui s'est passe, c'est ce qui sera dit,
Ce qui est dit, c'est ce qui sera fait!
Mais, tout enfant ne sait pas comment s'exprimer en public;
La Parole est difficile et il est aise de blamer qui la rapporte!
Avec toutes nos excuses,)

La Commission Ad-hoc "Centenaire de l'Arrestation de sAmori ture"/mAliWatch

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