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La rentree de Nahawa Doumbia

Nahawa - une Diva pas comme les autres!

A peine nee que sa mere decede. Sa grand-mere le recueille.
Tous les jours la vieille femme fait le tour des femmes genereuses pour nourrir l'enfant.
A toutes ces "meres" qui l'ont alimentee, Nahawa est reconnaissante.
Une chanson, "JIWE", tire de son dernier album JANKAW, les celebre.
Les orphelins ont des pleurs etouffes. Pour se consoler, Nahawa chante dans son coin, et sa voix attire les foules. Mais son pere est categorique: <<Non, tu ne chanteras pas!>>. Sa grand-mere intervient et l'encouarge puisque la chanson est sa seule source ce joie.
Nahawa surprend de plus en plus par ses prouesses. Depuis les Semaines departementales jusqu'a la Biennale des jeunes du Mali, les animateurs se l'arrachent. Elle fut decouverte, vers la fin des "Annees 70", par la Troupe regionale de Sikasso. Sa voix douce et melancolique bercait le Mali entier a travers des airs comme: "SAKORO MERI", "NYAMATUTU", "SIGUI SELEN", etc... Le seul grand frere qu'elle avait fut emporte par une mort brutale a la suite d'une morsure de serpent. Elle lui dedie la chanson "KONKANKO KONO". Mais c'est dans "JIGUI YIRI" que Nahawa touche de plus pres les ames sensibles. Elle a compose cette chanson specialement pour son pere decede brutalement au beau milieu des ses preparatifs pour le pelerinage a la Mecque.

Mais la vie doit continuer! En 1981, elle est laureate du concours "Decouvertes" de RFI, par la chanson "TCHIYE BI LABAN"; ce qui lui vaudra
de chanter, en 1983, devant les chefs d'Etats africains, reunis en sommet a Vittel, en France. En 1982, a 22 ans, elle enregistre son premier album et collectionne les succes dans toute l'Afrique de l'Ouest.

Les "Annees 90" veront la naissance de ses CD's "NYAMATUTU", "MANGONI" et "YANKAW".
A la derniere edition du festival Africolor de Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne, en decembre dernier, la diva de notre pays avait concu un programme exceptionnel pour la nuit de Noel mandingue.
Un premier repertoir, avec le guitariste jazz-man Claude Barthelemy, et un second avec le DJ Frederic Galliano, qui fait de la musique electrique.
Nahawa sort du registre de la musique malienne classique. Elle cree des sonorites nouvelles, plus dansantes, metissees: malinke, zouk et salsa.
On obtient le "didadi". Quel talent!!! A l'image de la chanson "TOLON", ou elle nargue la mort, cette mort qui l'avait arrache les etres les plus chers de la terre. De la modernite tiree de la tradition, sans blessure.

Au-dela de ses qualites, Nahawa est pleinement concernee par son epoque.
En 1991, elle s'indigne devant les emeutes de Bamako, causees par le regime militaire. Elle compose des chansons qui seront fredonnees sur tout le territoire. En France, elle fait entendre sa voix sur le traitement des "sans-papiers". Elle leur a dedie "YANKAW" (Les Gens d'ici).

Au pays, en dehors de la musique, Nahawa travaille comme aide-soigante au dispensaire de Bougouni, ou elle reside avec son mari, comptable a la
Societe nationale du coton. C'est dans ce milieu qu'elle passe son temps a ecouter et assister les souffrances des femmes ou encore a faire campagne contre l'excision.

Dans son nouvel album, qui doit sortir ce moi-ci, elle evoque toujours le quotidien des femmes rurales. Mais, cette fois, elle s'avance un peu plus sur la chasse gardee des hommes: les fetiches. "FATIEN", chant sacrificiel devolu aux guerriers, de tout temps eloignes des femmes, en sera le titre phare.

Je vous presenterai le CD, des sa sortie, dans "Net-Culture". Vou decouvrirez, en meme temps, les nouvelles sorties telles que: "Musique Bambara du Baninko", "Mali Compil", "Royaume du Mande", et
le nouveau CD de la grande diva, Kandia Kouyate.

Donc je vous donne rendez-vous au prochain "Net-Culture"!

Vive la musique du Mali!


Hadi Ousmane Sall
Kaiserslautern
Allemagne


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